Avez-vous déjà entendu parler du growth mindset ? Ce terme désigne la croyance selon laquelle nos capacités : intelligence, compétences, talents… peuvent évoluer avec le temps. Grâce à l’effort, à l’apprentissage et à la persévérance. Un principe plutôt séduisant.
Popularisé par la psychologue Carol S. Dweck, on peut le résumer en une phrase : nos capacités ne sont pas fixes. Mais attention, derrière l’engouement, la réalité est plus nuancée. Pour en faire un véritable levier de performance durable, encore faut-il comprendre comment l’appliquer concrètement.
Dans un environnement professionnel en constante mutation, il offre une grille de lecture rassurante. Il déplace le focus du talent vers le processus.
Plus exactement, dans le monde de la communication, cette approche encourage les équipes à tester de nouveaux formats, à analyser leurs échecs et à améliorer leurs campagnes sans craindre de se tromper. Elle nourrit aussi une culture du feedback, essentielle pour progresser collectivement.
Cependant, les recherches récentes invitent à tempérer cet enthousiasme. Une méta-analyse publiée dans la revue Psychological Bulletin par Brooke Macnamara et Alexander Burgoyne montre que les interventions basées sur le growth mindset ont un impact faible, voire nul, sur les performances académiques.
Le growth mindset devient puissant lorsqu’il s’accompagne de stratégies bien précises.
C’est là qu’intervient une notion clé : la pratique délibérée, théorisée par le chercheur Anders Ericsson. C’est-à-dire que, contrairement à une idée répandue, progresser ne dépend pas du volume de travail, mais de sa qualité.
Appliqué à une agence digitale, comme SWAN, cela signifie :
● Analyser finement les performances d’une campagne.
● Identifier ce qui peut être amélioré.
● Tester une variable précise (message, format, ciblage).
● Mesurer les résultats.
● Ajuster en continu, jusqu’à obtenir une pleine satisfaction.
Le growth mindset pousse à accepter l’inconfort, à sortir de sa zone de confort et à se confronter à ses limites. Mais c’est la méthode qui permet réellement de progresser.
Un autre enseignement majeur des experts : le contexte joue un rôle déterminant. Un état d’esprit positif ne peut pas compenser un environnement défavorable.
Dans une agence de communication digitale, cela implique de mettre en place des conditions propices à l’apprentissage :
● Une culture du test & learn, sans sanction de l’échec.
● Des ressources adaptées (outils, formation, temps).
● Un management qui valorise les progrès, pas seulement les résultats.
● Des feedbacks réguliers et constructifs.
Sans ces éléments, le growth mindset peut même devenir contre-productif. Il se transforme alors en injonction à « toujours faire mieux », générant frustration et pression.
Pour une agence digitale, la bonne question n’est pas : « Avons-nous un growth mindset ? ». Mais plutôt : « Comment transformons-nous cette croyance en actions concrètes, mesurables et durables ?« . C’est dans cette articulation que se construit la performance sur le long terme.
Article rédigé par Andréa Lepage